Goldman Sachs donne des conseils à la très "indépendante" BCE !!!
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GdB piano bar
Nombre de messages: 1319 Date d'inscription: 03/04/2006
Sujet: Goldman Sachs donne des conseils à la très "indépendante" BCE !!! Ven 20 Juin 2008 - 14:11
Encore une qui va vous plaire aussi (décidément)...
Citation:
Goldman Sachs émet 3 recommandations pour les dix ans de l'euro
PARIS (Reuters) - Un mandat de la BCE élargi à la stabilité financière, un objectif de stabilité des prix moins susceptible d'être dépassé et la zone euro qui parlerait d'une seule voix dans les forums et institutions internationales : Goldman Sachs émet ces trois recommandations dans une étude publiée à l'occasion du dixième anniversaire de l'euro.
L'étude intitulée "L'Euro à 10 ans : performance et défis pour les 10 prochaines années" tresse des lauriers à la monnaie unique et à la Banque centrale européenne, en mettant à leur crédit la résilience de l'économie européenne aux chocs financiers des 10 dernières années, ou encore la stabilité des prix et la création d'emplois dans la zone euro. Dans une contribution spéciale, Otmar Issing, ancien économiste en chef de la BCE, souligne d'ailleurs que la zone euro a créé plus d'emplois que les Etats-Unis au cours des neuf dernières années.
(NDLR:connaissent pas le NAIRU eux??? )
Les trois recommandations de Goldman Sachs visent à améliorer encore le fonctionnement de l'union monétaire.
La banque d'affaires suggère d'abord d'amender le traité européen pour doter la BCE d'un mandat de stabilité financière qui viendrait en complément de son mandat actuel de stabilité des prix.
"Les banques centrales sont aujourd'hui de facto en mesure d'assurer la stabilité financière au niveau des marchés, on l'a vu avec les injections de liquidités de la BCE (pendant la crise des subprimes)", a déclaré Natacha Valla, économiste de Goldman Sachs, lors d'une présentation à la presse vendredi. "En revanche, au niveau des institutions individuelles, le principe de subsidiarité implique une gestion nationale des crises. En cas de danger systémique, la BCE marcherait sur des oeufs".
L'idée serait donc d'introduire des dispositions juridiques contraignantes pour sortir du flou actuel du traité européen et permettre à la BCE d'être aussi réactive, par exemple, que la Réserve fédérale américaine si les difficultés d'une banque venaient à menacer la stabilité du système financier.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
UN OBJECTIF D'INFLATION PLUS JUDICIEUX
Natacha Valla juge le moment opportun pour une telle révision : l'inflation devenue une préoccupation majeure des ménages et des gouvernements a fait taire les critiques politiques contre la BCE, estime-t-elle.
(NDLR: alors que l'on sait qui in fine est responsable de l'explosion de la masse monétaire, car paraît-il de tout temps, l'inflation est un phénomène monétaire qu'y disait Friedman le gourou des libéraux!)
Goldman Sachs s'interroge ensuite sur l'objectif "asymétrique" d'inflation retenu par la BCE - "proche de mais en-deçà de 2%" - et se demande s'il ne devrait pas être remplacé par une cible plus précise, avec une certaine tolérance, afin d'éviter l'écueil d'un dépassement systématique "potentiellement nuisible à sa crédibilité".
(NDLR: sur ce terme qui est un terme TECHNIQUE de finance bancaire, voir mon billet ci-dessous et le lire avec en tête les tresses de louanges pour l'emploi décernées à la BCE!)
"Dans un cadre où finalement l'impact d'un mouvement de taux d'intérêt sur l'inflation s'applique à une fraction limitée de l'indice des prix, il serait sans doute judicieux d'avoir une cible symétrique qui permettrait une certaine tolérance par rapport aux débordements", a expliqué Natacha Valla.
L'objectif de la BCE a été dépassé au cours des huit dernières années et le thème est d'actualité alors que l'inflation, alimentée par les prix du pétrole et des produits agricoles sur laquelle la banque centrale n'a pas de prise, a culminé à 3,7% en mai dans la zone euro.
Goldman Sachs encourage enfin les acteurs politiques de la zone euro à "tirer la conclusion naturelle du succès de l'expérience monétaire : il faut fusionner les forces politiques nationales pour que la zone euro parle d'une seule voix dans les fora et institutions internationales que sont, par exemple, le G7 pour le FMI".
Au plan local, Natacha Valla a déploré l'attitude de repli ou d'"instinct national" que peuvent avoir les pays de la zone euro quand il s'agit d'industries stratégiques ou de secteurs cruciaux pour leur économie. "La croissance industrielle a besoin d'innovation financière, d'ouverture à des sources de capital alternatif, dans ce contexte ce n'est pas aider la croissance européenne que d'avoir cette attitude de repli", a-t-elle dit.
Nombre de messages: 2493 Date d'inscription: 18/08/2005
Sujet: Re: Goldman Sachs donne des conseils à la très "indépendante" BCE !!! Ven 20 Juin 2008 - 14:27
Ils ne se rendent même plus compte des contradictions qu'ils écrivent : qui a-t-il de plus précis que 2% : 2,00000000% ?
Ils enchaînement sur cet oxymore qui pèse son poids (ça, c'est un pléonasme !) de cacahouètes : « une cible plus précise, avec une certaine tolérance » ; à moins, bien sûr que le « plus précis » soit pour les autres et que la « certaine tolérance » doivent s'entendre « tolérance certaine » ... à leur égard, dans un objectif de « stabilité financière » c'est-à-dire de leur activité et donc de leur bénef, ce qui serait réalisé par une BCE « aussi active que la FED » ... à leur endroit.
Quelle bande d'empafés ! j'espère que le con-tribuable n'a pas payé cette « étude ».
Dernière édition par du-puel le Ven 20 Juin 2008 - 16:56, édité 1 fois
GdB piano bar
Nombre de messages: 1319 Date d'inscription: 03/04/2006
Sujet: Re: Goldman Sachs donne des conseils à la très "indépendante" BCE !!! Ven 20 Juin 2008 - 14:28
On peut trouver dans un manuel de cours DALLOZ ( destiné à des étudiants en écononomie, et plus précisément en économie monétaire, intitulé "Monnaie, Banque, Financement" http://www.decitre.fr/livres/Monnaie-banque-financement.aspx/9782247055616), un passage qui ne manquera pas de surprendre le "novice" :
" Afin de résoudre ce problème de crédibilité, Gordon et Barro (deux économistes, ndlr) envisagent un modèle de construction de réputation [...] Backus et Drifill (deux autres économistes, ndlr) ont alors mis l'accent sur l'attitude des responsables de la politique économique à l'égard de l'inflation : tous prétendront être très hostiles à l'inflation mais seuls le sont réellement ceux qui acceptent un chômage élevé si c'est le prix à payer pour une faible inflation. En acceptant le chômage, les responsables construisent leur réputation car seuls les actes couteux sont convaincants." Chapitre 5, Page 214.
Afin de bien comprendre le sens de ce passage, qui fait appel à quelques notions particulières, j'ai écrit cet article d'explication et de commentaire:
Dans ce chapître 5, intitulé " Les fondements des politiques monétaires ", les auteurs abordent la problématique de la Banque Centrale indépendante. Ils rappellent tout d'abord que " depuis une vingtaine d'années, c'est le concept d'indépendance des banques centrales qui inspire l'évolution des structures de décision de ces organismes " (p.213). Notre Banque Centrale Européenne (BCE) en est une illustration. Sans entrer dans les arcanes fort subtiles des discours sur les politiques monétaires, les auteurs expliquent qu'au cours des années 70, les niveaux d'inflation (et l'indexation des salaires sur cette inflation) avaient créé une situation où il était devenu nécessaire de mettre en oeuvre une nouvelle donne pour assurer la stabilité des prix. Le penchant inflationniste des gouvernements, cherchant sous la pression populaire (très forte après 68, ne l'oublions pas) à maintenir le chômage à des niveaux raisonnables, devenait insupportable pour toute une catégorie d'agents économiques, à savoir les investisseurs et les détenteurs de capitaux. L'idée des monétaristes (à nouveau Milton Friedman et ses disciples) fut de retirer des mains des gouvernements le contrôle de la création monétaire, c'est-à-dire la capacité de créer de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien, ce que l'on appelle couramment faire tourner la planche à billets. En confiant ce rôle de gardien de la monnaie à une banque centrale réputée indépendante (concept dans les faits plus que douteux : indépendant de quoi et de qui, là est toute la question), et en confiant à cette entité la fonction basique de créer tous les ans un peu plus de monnaie selon une règle fixe et " connue de tous " (par exemple 5% par an), alors on était censé atteindre l'optimum nirvanesque de tout capitaliste : une croissance sans " inflation ", c'est-à-dire des profits qui s'accumulent mais qui ne s'érodent pas...
Et c'est là qu'intervient le passage le plus intéressant du fameux manuel pour étudiants en sciences économiques. A mon sens, son prix de 28 euros est tout entier rentabilisé par ce qui suit. Le problème de nos économistes cherchant à promouvoir cette toute nouvelle banque centrale sortie de leur imagination est : comment prouver aux marchés financiers et aux agents économiques qu'elle est bien indépendante au sens où elle ne se laissera pas tenter par les travers inflationnistes qui étaient précisément reprochés aux gouvernements ? Leur réponse tient en un mot : la crédibilité. Une telle banque centrale, nouvellement créée, doit acquérir une crédibilité. Elle doit être crédible dans sa lutte contre la fameuse inflation. Et comment peut-elle devenir crédible ? Eh bien, elle doit se construire une réputation.
C'est un peu comme le cow-boy du film. Il devient respecté et crédible grâce à sa réputation de gâchette fine, rapide et précise. Après en avoir descendu quelques uns, sa réputation est faite et tous y réfléchiront à deux fois avant de venir lui chatouiller les narines. Eh bien, figurez-vous, une banque centrale, et notamment son président, incarnant le rôle du " banquier central conservateur " (c'est le nom technique de cette conception actuellement en vogue), c'est un peu comme cette histoire de western. Lisons.
" Afin de résoudre ce problème de crédibilité, Gordon et Barro (deux économistes, ndlr) envisagent un modèle de construction de réputation [...] Backus et Drifill (deux autres économistes, ndlr) ont alors mis l'accent sur l'attitude des responsables de la politique économique à l'égard de l'inflation : tous prétendront être très hostiles à l'inflation mais seuls le sont réellement ceux qui acceptent un chômage élevé si c'est le prix à payer pour une faible inflation ".
Arrive la phrase qui ferait frémir plus d'un chômeur, d'un salarié, et d'un honnête homme:
" EN ACCEPTANT LE CHOMAGE, LES RESPONSABLES CONSTRUISENT LEUR REPUTATION CAR SEULS LES ACTES COUTEUX SONT CONVAINCANTS " .
Quand je l'ai lue pour la première fois, cette phrase a résonné dans ma tête de longues minutes. Elle plaçait le point final sur le i de mes intuitions. Voilà donc le modèle qui sous-tendait aujourd'hui nos économies modernes, et l'Europe en particulier, qui possède aujourd'hui, et depuis 1998 , la banque centrale la plus " indépendante " du monde, il faut le rappeler !
En clair, la BCE est actuellement en phase de construction de sa réputation. Elle a, il faut le dire, à sa tête un homme qui a lui déjà une certaine réputation. Jean-Claude TRICHET, actuel président de la BCE, fut auparavant pendant de longues années (celles de la montée du chômage) gouverneur de la Banque de France. J'avais déjà entendu dire à plusieurs reprises que ce monsieur avait sur la conscience au moins deux millions de chômeurs français. A l'époque, je n'avais pas compris. On parlait de politique du franc fort, mais je ne connaissais ni le NAIRU, ni les " règles du jeu " en vigueur dans le métier. Ces deux millions de chômeurs que certains lui imputaient, ce n'était pas en fait le fruit d'une erreur de politique, comme le quidam aurait éventuellement pu le penser. Ces deux millions de chômeurs français étaient manifestement les matériaux de construction de la réputation du monsieur en question en tant que banquier central moderne. Qu'il fut nommé (on ne parle pas d'élection dans ce milieu, c'est de la cooptation bien sentie) nouveau Président de la BCE après ce brillant parcours n'est donc pas un hasard : sa réputation et sa crédibilité passée dans la lutte contre l'inflation parlaient en sa faveur. Les chômeurs allongés sur le sol pouvaient en témoigner. Les colts du cow-boy Trichet luisaient au soleil le jour de sa prise de pouvoir. La noble et respectable institution sise à Francfort ne pouvait que bénéficier des rejaillissements de cette nomination sur sa propre réputation... Réputation auprès de qui au fait ? Mais des marchés, et principalement des marchés financiers, pardi...
On apprend décidément des choses fort intéressantes en ouvrant certains ouvrages destinés à la formation économique d'une partie de nos "experts"...
Pas de doute, y se foutent de nous chez Goldman. Et la collusion de la BCE avec ces banques et les marchés financiers et remarquablement soulignée par le communiqué de Goldman Sachs et la "contribution spéciale" ( ) d'ISSING... ancien économiste en chef de la BCE donc et qui depuis 2006 (au cas où ça vous aurait échappé) est devenu conseiller pour... Goldman Sachs!
Ben tiens! Mais sans conflit d'intérêt hein il le dit bien
Citation:
Former ECB chief economist Issing accepts advisory post at Goldman Sachs 16 oct. 2006 | 226 words , 1 image
FRANKFURT (AFP) — Otmar Issing, the former chief economist of the European Central Bank, has announced in a newspaper interview that he had accepted an offer from Goldman Sachs to act as an international advisor to the US investment bank.
Issing, 70, insisted however that he would not be involved in the day-to-day running of Goldman Sachs, so there was no way he could be seen as coming into a conflict of interests.
His job at Goldman Sachs would be a "loose advisory position", which would in no way relate to the investment bank's operative business, Issing told the business daily Handelsblatt.
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