En fait le porteur du titre était convaincu que son titre était porteur de l'hypothèque et la titrisation avait été présentée comme cela à l'heureux investisseur, mais ce juge vient de dire que "non"... It is not a "true sale" avec transfert des droits...
Il l'a dans le cul : la balayette, le manche et l'étiquette avec...
Bon les banques seront touchées aussi... - Leurs sicav dynamiques et autres merdes sont pleines de ces titres à la con, les particuliers vont vouloir récupérer leur pognon... - les banques européennes, américaines, asiatiques ont acheté de ces titres pour leur propre compte sur les marchés, - elles ont prété de l'argent à des gens qui en ont acheté avec effet de "retour de manivelle"...
- les fonds de pension, collectivités locales, etc... qui ont acheté de ces titres vont rire "jaune" quand elles vont lire cette décision de justice...
Ne pas oublier qu'à mon avis si ceci vaut pour les biens immobiliers tout le système est foutu par terre quel que soit le support... la titrisation ne constitue pas "a true sale"... LBO, ABS, MBS : tout va suivre le même chemin puisque ce sont les mêmes principes...
Je pense que le texte de cette décision de justice doit se répandre à la vitesse d'un feu de prairie (dans le milieu bancaire et le monde des afaires) et tous les cabinets d'avocat des banques doivent être sur les dents en ce moment...
Ca m'a l'air assez technique (si y'a des spécialistes, avis apprécié...) mais si les banques qui ont titrisé leurs crédits foireux (ainsi que les autres investisseurs aval de la chaine foireuse) sont dans l'incapacité de saisir les baraques suite à ce jugement, ça peut devenir cocasse cette histoire fire
A suivre...
GdB
PS: J'en profite pour mettre cet extrait d'une interview autour de l'excellent bouquin sorti il y a déjà quelques années de Pierre Noel GIRAUD remarquablement intitulé "Le commerce des promesses"... Avec le recul à lire ou à relire!
Citation:
C'est une caractéristique de la finance moderne. Dans ce système, le volume des promesses excède selon toute probabilité ce que sera la richesse future. Ainsi, soit ces promesses seront honorées, mais ce sera en réduisant d'autres droits sur la richesse future (en l'occurrence la part qui revient au travail), soit, en effet, elles ne seront pas toutes honorées. J'appelle "Mistigri" l'écart entre le volume des promesses financières et ce que sera réellement la part de la richesse future à laquelle elles donneront droit. C'est une mauvaise carte, et comme au jeu du Mistigri, elle circule entre les acteurs. Mais, à la différence du jeu, aucun des joueurs ne sait qui la possède, pas même celui qui l’a en main. Ce Mistigri, dans l'économie mondiale, c'est un certain volume d'actifs financiers qui sont aujourd'hui surévalués par rapport à la richesse à laquelle ils donneront finalement droit.
Nombre de messages: 2493 Date d'inscription: 18/08/2005
Sujet: Re: Subprimes:si cette info est confirmée.... Lun 19 Nov 2007 - 9:42
L'explication est simple : le propriétaire doit avoir enregistré son titre auprès de la recette des impôts ; de même celui qui prétend détenir un gage sur une propriété (la banque prêteuse) doit avoir enregistré son hypothèque auprès du bureau du même nom (ou de leurs équivalents étrangers).
Lorsque la banque prêteuse a vendu son emprunt à un fabriquant de CDO (Obligations basée sur une dette garantie, ici de type MBS, emprunt immobilier garanti par une hypothèque) celui-ci ne connait pas le "client" final. En effet la banque "originatrice" pour reprendre la terminologie garde le contact client (et celui-ci ne sait rien non plus de la cuisine qui se déroule à l'insu de son plein gré). Elle s'occupera de la relation client et encaissera les remboursements qu'elle injectera dans le "conduit" ainsi créé ... en se servant une petite comm' de gestion au passage, comme chaque intervenant.
En quelque sorte, la banque a transféré l'usufruit de l'emprunt au fabriquant de CDO. Mais pas la propriété, donc pas d'enregistrement.
Celui-ci a découpé ce CDO en tranches selon le profil de risque transmis par la banque originatrice, a garanti une partie du montant de chaque tranche selon les "désirs" de l'agence de notation de façon à obtenir d'elle la note qu'il souhaite pour chaque tranche.
Ensuite il revend ces tranches à des hedges-funds, à des zinzins type caisses de retraites des cheminots français (warf !) ... sans transfert réel, c'est juste un bout de papier : vous m'achetez cette obligation et je vous verse tant chaque mois avec telles garanties (de ma part et ou éventuellement celles d'un "assureur" spécialisé comme MBIA).
En cas de défaillance, le zinzin ne peut justifier d'aucun titre sur la maison initiale qu'il ne connait même pas. Il fait jouer les clauses de ses garanties vis à vis de son vendeur (la partie de la tranche). Ensuite le vendeur ne garantit plus rien, il faut remonter toute la chaîne en faisant jouer les garanties ... si le garant n'est pas failli ! Temps, procédures inter-pays ... bref le merdier complet.
De plus pour aller plus vite dans la phase finale de la bulle et faire des économies, la banque prêteuse ne prenait même plus le temps d'enregistrer son hypothèque. Le juge la renvoie fort justement dans les cordes.
Comme ses CDO étaient ensuite mélangés entre eux pour en faire de nouveaux "les CDO au carré") la situation est indémerdable.
Il y a autant de CDO basés sur des ABS que de MBS. C'est-à-dire basé sur du papier commercial dont la garantie est une machine, une usine ou que sais-je.
Comme ce marché du papier commercial est lui-même bloqué on va avoir une catastrophe équivalente. Chouette !.
A titre d'information les grosses banques US (C, MER, ...) payent désormais jusqu'à 1.5% de plus sur les emprunts qu'elles émettent (ou voudraient bien émettre !) au-dessus de la prime de risque de grosses sociétés industrielles. Le banquier payen plus cher que ses gros clients. On voit ou est l'actif et la solvabilité.
marie skipper
Nombre de messages: 11353 Date d'inscription: 05/02/2005
Sujet: Re: Subprimes:si cette info est confirmée.... Lun 19 Nov 2007 - 17:44
merci Dup, pour cet excellent décryptage
on arrive à un point d'absurdité totale .... du systéme ..
le dernier préteur, n'a en effet aucune hypothéque .. mais s'est svt contenté ( et peut etre pas toujours ) de se garantir contre l'impayé .. vis à vis d'une autre sté ...qui elle même , ne s'est pas couverte
Citation:
A titre d'information les grosses banques US (C, MER, ...) payent désormais jusqu'à 1.5% de plus sur les emprunts qu'elles émettent (ou voudraient bien émettre !) au-dessus de la prime de risque de grosses sociétés industrielles. Le banquier payen plus cher que ses gros clients. On voit ou est l'actif et la solvabilité.
alors ça, en effet ça en dit long !
_________________ Pépite Bull
du-puel chef cuistot
Nombre de messages: 2493 Date d'inscription: 18/08/2005
Sujet: Re: Subprimes:si cette info est confirmée.... Lun 19 Nov 2007 - 21:57
Et voila la solution pour leur prêter du fric aux Citi, Merril and Co à plus long terme que les 3 mois de papier court qu'elles ne parviennent plus à renouveler sauf à des taux prohibitifs sur le marché et qu'elles ne peuvent plus mendier au guichet d'escompte de la FED qui ne peut pas accepter en garantie les CDO/MBS autres que AAA, et comme ils sont tous en cours de déclassement ...
Les FHLB, Federal House Loan Banks. Ca vous prête plus que la FED, à long terme, à taux d'intérêt défiant toute concurrence et ça semble se contenter de la garantie initiale que cous aviez et que vous voudrez bien leur transmettre.
voir les montants en cours, qui dépassent les "injections" de la FED, et les bénéficiaires.
Si ça se confirme, on pourra revenir sur Citi and Co. mais shorter le con-tribuable US, c'est-à-dire le USpeso. De toutes façons à part le crash du système, c'est bien la seule issue.
stop chorus barreur
Nombre de messages: 258 Date d'inscription: 16/10/2007
Sujet: Re: Subprimes:si cette info est confirmée.... Mar 20 Nov 2007 - 16:25
Citation:
Subprimes : les juges rejettent les saisies des logements ! 18 novembre 2007
17 novembre 2007 (LPAC) - Le 31 octobre dernier, le juge fédéral Christopher A. Boyko de Cleveland, Ohio, décidait de débouter une demande de saisie émanant de la Deutsche Bank National Trust sur 14 logements dont les propriétaires n’étaient plus en mesure de payer les mensualités. Boyko justifiait sa décision sur le fait que cette banque n’avait pas pu prouver qu’elle était réellement la propriétaire d’hypothèques sur lesquelles seuls les noms des propriétaires d’origine figuraient. En effet, il s’agissait d’hypothèques qui avaient été cédées par leurs premiers détenteurs à d’autres institutions financières qui s’en sont servis comme base pour la création d’autres actifs.
La décision de ce juge fédéral mettant en cause la légalité même du procédé qu’on appelle la « titrisation », par laquelle des créances à risques sont cédées à l’infini à toute une chaîne d’acteurs financiers sans qu’on sache qui, en dernier lieu, est le détenteur de la dette, semble avoir créé un précédant dont les répercussions pourraient être retentissantes. Le 14 novembre un autre juge fédéral de Cleveland, Kathleen M. O’Malley, a aussi débouté une autre tentative de saisie de 32 logements car, au moment d’initier l’action en justice, le demandeur était dans l’incapacité de fournir les documents prouvant qu’il est bel et bien le propriétaire de ces hypothèques.
Le 15 novembre, c’est le juge fédéral Thomas M. Rose de Dayton, Ohio, qui a lui aussi menacé de rejeter une demande de saisie de 27 logements pour les mêmes raisons, se faisant plus menaçant à l’égard des demandeurs parmi lesquels Citibank et HSBC. Leur accordant 30 jours pour se mettre en règle, il a déclaré que « l’incapacité de leur avocat à fournir tous les documents requis à cette date, pourrait être considérée comme délibérée » ce qui « pourrait aboutir à un rejet de la demande de saisie ».
La loi exige, parmi d’autres documents, une copie enregistrée de l’hypothèque et un affidavit montrant que celui qui initie l’action de saisie est bien le propriétaire et le détenteur de l’hypothèque au moment d’initier son action en justice. Citibank, représentant un trust de titrisations vendu en 2005 par First Franklin, une compagnie hypothécaire qui appartient actuellement à Merrill Lynch, est responsable de l’une de ces demandes de saisie. Un autre cas implique la banque britannique HSBC (Honkong and Shanghai Banking Corporation). Le juge Rose s’est dit « totalement en accord avec le Juge Boyko (...) qui a récemment souligné que l’intégrité judiciaire d’un tribunal de district des Etats-Unis, n’avait pas de prix ; ».
Lyndon LaRouche, a avertit il y a quelques jours que la décision du juge Boyko pourrait largement dépasser son cadre initial. En effet, depuis, on voit qu’elle a créé un précédent juridique dans lequel beaucoup d’autres juges pourraient s’engouffrer.
Plus important que cela cependant, l’action des juges pourrait créer une « suspicion légitime » que les banques ont utilisé les mêmes actifs à plusieurs reprises. Dans le climat de méfiance total qui règne à travers tout le système monétaire international depuis cet été, une telle suspicion donnera peut être le coup de grâce à ce système hyper endetté.
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